A quelques années d'écart, des centres de rétention ont connu de sérieux
incendies en France et aux Pays-Bas. Ces évènements éclairent deux façons
différentes d'aborder la question des conditions d'enfermement des
étrangers en attente d'un éloignement.
En France comme aux Pays-Bas, les étrangers peuvent être retenus sur
décision administrative s'ils ne sont pas munis des documents exigés pour
leur maintien sur le territoire. Ils sont alors retenus dans des locaux
officiellement distingués des lieux d'emprisonnement, le temps nécessaire
à leur éloignement du territoire (32 jours maximum en France et 18 mois
aux Pays-Bas 1). La majorité des étrangers se trouvant en situation
administrative irrégulière ne peut cependant être effectivement envoyée
vers un autre pays à l'issue de ce délai 2. Finalement relâchés mais
sans que leur situation n'ait changé, ils sont susceptibles d'être à
nouveau retenus à l'occasion d'un prochain contrôle 3. C'est là une des
raisons pour lesquelles les centres de rétention peuvent être qualifiés de
lieux de peines : il s'agit de mettre à l'écart et de sanctionner les
étrangers considérés comme indésirables et non pas simplement de les
retenir aux fins d'un (peu probable) éloignement. En France, ce type de
sanction peut d'ailleurs alterner avec des peines plus traditionnelles
prononcées par le juge pénal pour obstruction à une mesure d'éloignement
ou bien séjour irrégulier.